Industri’Elles : quand l’industrie va chercher les talents féminins de demain
Le collectif Industri’Elles en est convaincu : l’industrie recrute, innove et se transforme. Pourtant, elle reste trop souvent perçue comme un univers masculin. Pour faire bouger les lignes, ce collectifs mobilise des professionnelles pour donner envie aux lycéennes et étudiantes d’oser les filières scientifiques et techniques. L’enjeu : montrer la réalité des métiers, casser les stéréotypes et exposer des trajectoires inspirantes.
Dans l’industrie des ressorts, cette démarche prend tout son sens. Car derrière cette pièce “invisible” se cachent des savoir-faire de pointe, des machines spécifiques, de la qualité, de la maintenance, de la conception et même de la data.
Industri’Elles veut féminiser un secteur qui en a besoin
Industri’Elles naît avec une ambition claire : accélérer la mixité dans l’industrie. Le collectif est coordonné par la Direction générale des Entreprises (DGE) et vise à changer l’image d’un secteur encore trop associé au “masculin”. Il fédère des femmes de l’industrie, met en avant des rôles modèles et encourage des actions concrètes sur le terrain : interventions, événements, mentorat, diffusion de bonnes pratiques.
En effet, le cadre est structuré et assumé. Il ne s’agit pas d’une campagne d’affichage de plus. Il s’agit d’un mouvement qui pousse des entreprises, des fédérations, des écoles et des territoires à agir ensemble, avec des objectifs et une dynamique de réseau. Résultat attendu : plus de vocations, plus de candidatures, et une industrie plus ouverte.
Aller “au-devant” des lycéennes : ce qui marche, c’est le concret
Les jeunes ne choisissent pas un métier sur une fiche. Elles se projettent quand elles voient, touchent, testent. C’est précisément l’esprit d’actions promues par Industri’Elles : multiplier les rencontres et les formats qui rendent l’industrie tangible. Des demi-journées découverte, des tables rondes, des témoignages et des visites de sites. Cette logique colle aussi à une tendance de fond : l’ouverture des usines au public qui devient un levier d’image et de recrutement.
Par conséquent, dans les établissements, l’impact est encore plus fort quand des salariés viennent raconter leur quotidien et quand les élèves visitent un atelier. On sort alors des clichés. On parle sécurité, qualité, cadence, automatisation, énergie, environnement. Et on découvre une industrie moderne, propre et numérisée.
Le déclic par le jeu : l’exemple inspirant d’Industri’Elles l
Sur le terrain, certains dispositifs traduisent très bien cette approche immersive. Dans les Pays de la Loire, le dispositif “Industri’Elles” du Projet Étoile propose un jeu de rôle collaboratif destiné à des lycéennes de seconde. L’objectif : (re)découvrir l’industrie, ses métiers, ses contraintes, ses opportunités, dans un format ludique.
Depuis 2022, dans plusieurs grande villes, le projet a déjà touché plusieurs centaines de lycéennes. Ce type d’action coche trois cases décisives. Il rassure. Il engage. Il fait tomber les barrières symboliques. De plus, Il se décline aussi par filière : mécanique, métallurgie, électronique, matériaux et maintenance. Le jeu ouvre la porte. Le réel fait le reste.
Pourquoi l’industrie des ressorts est un terrain idéal pour convaincre
Un ressort paraît simple. Il ne l’est pas. Dans l’automobile, l’aéronautique, le ferroviaire, le médical ou les biens d’équipement, il devient un élément critique. Cette petite pièce exige précision, répétabilité, contrôle, traçabilité. Il impose aussi des compétences variées : réglage machine, outillage, métrologie, traitement, gestion de production, méthodes, qualité, maintenance.
Par ailleurs, le secteur est structuré. Il dispose même d’une organisation professionnelle dédiée, FIM Ressorts, qui possède un axe fort sur l’échange, la formation et le développement technique. Pour une lycéenne, c’est un message puissant : “Tu peux entrer par plusieurs portes : CAP, bac pro, BTS, BUT, école d’ingénieurs, alternance ou reconversion. Et tu peux évoluer vite si tu aimes résoudre des problèmes et produire du concret”.
Des mots sur les métiers : “régleur ressortier”, un poste clé et méconnu
Pour recruter, il faut nommer. Et expliquer. Prenons un métier typique de la filière : le régleur ressortier. L’Observatoire de la métallurgie le décrit comme un spécialiste d’atelier, expert du réglage et de la conduite de machines spéciales qui produisent des ressorts. Il travaille selon des procédés variés, adaptés à des conceptions de ressorts différentes, en fonction de la demande client.
De plus, il assure aussi l’entretien courant et des opérations de maintenance simples. C’est un poste idéal pour illustrer la réalité d’une industrie moderne : machine-outil, réglages fins, essais, préséries, contrôle, amélioration continue. C’est aussi un poste où l’on progresse par la pratique, où l’alternance est pertinente, et où la mixité peut avancer vite.
Mesurer l’impact et raconter des parcours, sans communication creuse
Une action réussie se mesure (participantes, stages réalisés, candidatures en alternance etc.). Le collectif publie des bilans et l’entreprise, elle, doit transformer ces chiffres en récits. Une apprentie régleuse qui va devienir spécialiste des méthodes de production, par exemple. Une opératrice de contrôle qui va évoluer vers la qualité fournisseurs.
Ainsi, une étudiante qui découvre la mécanique et les ressorts choisira un BTS CPRP, un BUT GMP ou une école d’ingénieur en alternance. Ces histoires rendent l’industrie désirable parce qu’elles sont réelles. Industri’Elles fournit un cadre. La filière ressorts fournit une preuve : l’innovation se joue aussi dans les pièces discrètes. Et les talents féminins y ont toute leur place.
Chez RHD la féminisation de l’effectif est une réalité
Chez RHD la promotion de la mixité se traduit en actions concrète. Depuis de nombreuses années, l’entreprise féminise son effectif. Ainsi, en juillet 2025 RHD compte 18 % de collaboratrices et compte recruter plus de femmes dans le futur et voudrait former des régleuses.
L’index d’égalité professionnelle s’avère exemplaire avec une note de 94 pts sur 100 pour 2024 et de 100 pts sur 100 pour 2025. Par ailleurs, la direction de RHD prend en compte les familles monoparentales et ajuste les plannings en conséquence. Enfin, elle remarque aussi que les talents féminins apaisent le climat social très masculin et équilibrent les équipes.
Actions “Industri’Elles” applicables à une entreprise de ressorts
Voici des actions très concrètes, faciles à organiser, et efficaces :
- Intervention d’une salariée au lycée, qui accueillera le groupe dans l’entreprise
- Une “demi-journée immersion” pour lycéennes : visite atelier, démonstration de réglage, mini-contrôle qualité avec instruments de mesure et échange sans filtre avec une opératrice, une technicienne qualité et une régleuse.
- Un binôme de mentorat de trois mois, promu par le collectif, entre une étudiante et une professionnelle.
- Un “défi ressort” avec un bureau d’études. Les élèves doivent proposer un cahier des charges simples (contrainte, durée de vie, matière), puis comparer plusieurs prototypes.
Enfin, ouvrir un stage de seconde, avec une vraie mission et une restitution orale. Ces gestes créent de la confiance. Et ils font naître des candidatures. Mais, certaines entreprises n’ont pas toujours la capacité d’accueillir souvent.
Alors, elles peuvent compléter avec des outils immersifs. La DGE met en avant Forindustrie, un “métavers” pour découvrir des métiers et des formations industrielles de manière ludique. Ainsi, dans une filière ressorts, on peut l’utiliser en amont d’une visite ou en aval pour consolider l’intérêt.