Made in Europe : quels changements pour les entreprises industrielles ?
L’Europe veut réindustrialiser son économie et réduire ses dépendances grâce à l’Industrial Accelerator Act. Pour les entreprises, le « Made in Europe » pourrait changer les règles du jeu. Achats, fournisseurs, investissements, décarbonation : les transformations seront concrètes.
L’Europe veut retrouver une industrie forte et sécuriser ses approvisionnements stratégiques. Cette ambition change les priorités industrielles. Les entreprises doivent intégrer cette nouvelle donne. Ainsi, le « Made in Europe » deviendrait un véritable avantage compétitif.
L’Europe veut reprendre la main sur son industrie
L’industrie européenne a perdu du poids depuis le début du siècle. Selon les données de la CCI d’Ile-de-France, elle représentait 17,4 % du PIB européen en 2000 et chutait à 14,3 % en 2024.
La Commission européenne veut inverser cette tendance. Elle vise une industrie représentant 20 % du PIB européen en 2035. L’Industrial Accelerator Act constitue l’un des outils de ce changement. La Commission l’a présenté le 4 mars 2026. Son objectif consiste à stimuler la production européenne et les technologies bas carbone.
Le texte s’inscrit dans le prolongement du Clean Industrial Deal. L’Europe veut renforcer sa compétitivité. Elle veut surtout réduire ses dépendances envers les pays tiers.
Le « Made in Europe » change la logique industrielle
Pendant longtemps, l’Europe a surtout soutenu la capacité des entreprises à produire. Elle cherche désormais à soutenir également la demande. Cette évolution constitue l’un des points majeurs de l’Industrial Accelerator Act.
Le texte prévoit notamment des critères « Made in EU » et bas carbone dans certains marchés publics. Certaines aides publiques pourraient également intégrer des exigences liées à l’origine européenne. Ces mesures cibleront d’abord plusieurs secteurs stratégiques. L’acier, le ciment, l’aluminium, l’automobile et les technologies figurent parmi les secteurs concernés.
Pour les industriels, le changement est majeur. L’origine des composants pourrait peser davantage dans les décisions d’achat. Le bilan carbone pourrait aussi devenir un critère commercial. La proximité géographique pourrait donc retrouver une valeur stratégique.
Des chaînes d’approvisionnement plus européennes
La crise sanitaire, la guerre en Ukraine et les tensions commerciales ont révélé les fragilités des chaînes mondiales. Une pièce indisponible peut ralentir une production entière. Une matière première manquante peut retarder une livraison pendant plusieurs semaines.
Le « Made in Europe » répond en partie à cette vulnérabilité. L’objectif consiste à renforcer les chaînes de valeur européennes. Il s’agit aussi de limiter certaines dépendances stratégiques. La Commission européenne identifie notamment les matières premières comme un enjeu majeur de résilience industrielle.
Cette évolution peut favoriser les fournisseurs européens. Les grands donneurs d’ordre pourraient rechercher davantage de partenaires proches. Les PME industrielles peuvent donc bénéficier de nouvelles opportunités, de même que la sous-traitance de proximité. La proximité ne remplacera toutefois pas la compétitivité.
PME industrielles : une opportunité, mais aussi un défi
Les PME et TPE occupent une place centrale dans le tissu industriel français. Elles représentent près de 99 % des entreprises industrielles.
Le « Made in Europe » peut donc leur ouvrir de nouveaux marchés. Une production locale peut devenir un argument dans les appels d’offres. Une chaîne d’approvisionnement européenne peut aussi renforcer la confiance des donneurs d’ordre.
Mais cette opportunité exige des efforts. Les PME doivent documenter leurs approvisionnements. Elles doivent maîtriser leurs données industrielles. Elles doivent également mesurer leurs performances environnementales. La traçabilité devient ainsi un véritable outil de compétitivité.
La décarbonation devient un critère de compétitivité
Le « Made in Europe » ne se limite pas à une question géographique. Il associe aussi industrie et transition bas carbone. L’Industrial Accelerator Act veut ainsi stimuler la demande pour les produits européens à faible empreinte carbone.
Cette évolution va modifier les stratégies industrielles. Les entreprises devront réduire leur consommation d’énergie. Elles devront également optimiser leurs procédés. Le choix des matières premières deviendra plus important.
Cette transition représente un coût. Mais, un industriel capable de démontrer une production plus sobre pourra mieux répondre aux attentes des donneurs d’ordre. La performance environnementale pourrait donc rejoindre la qualité et le prix parmi les critères d’achat.
RHD : un modèle industriel français au cœur de cette évolution
Cette logique de proximité fait écho au positionnement de RHD, spécialiste français des ressorts industriels sur mesure depuis 1952. Nous restons implantés en Île-de-France et développons une expertise spécifique dans la conception et la fabrication de ressorts destinés à l’industrie.
RHD accompagne ses clients dès la conception. Ses équipes travaillent sur les prototypes, les essais et l’optimisation des produits. Cette approche favorise une relation étroite entre le fabricant et le donneur d’ordre.
Notre production bénéficie d’une gestion informatisée. Celle-ci permet notamment de suivre les projets et la traçabilité des pièces. De Plus, nous possédons aussi d’un atelier d’outillage intégré et de deux salles blanches.
Cette proximité constitue un atout dans un contexte de sécurisation des chaînes d’approvisionnement. Elle permet de réduire certaines distances. Elle facilite aussi les échanges techniques. Pour découvrir notre expertise lisez notre article consacré aux ressorts industriels sur mesure.
Produire localement impose aussi d’innover
Les entreprises doivent accélérer leur transformation : automatisation, numérique, robotisation et intelligence artificielle deviennent des leviers essentiels.
RHD illustre cette logique. Nous pilotons une partie importante de sa production grâce à des outils informatiques développés en interne. En effet, ces technologies améliorent la traçabilité et anticiper les charges de production.
Produire localement coûte parfois davantage. Il faut donc produire mieux : réduire les pertes, améliorer les flux et maîtriser les délais.
L’industrie européenne doit ainsi rechercher la valeur ajoutée. La personnalisation, la qualité, la réactivité et la maîtrise technologique peuvent compenser certains écarts de coûts. Cette stratégie rejoint les conclusions de notre article sur l’avenir de l’usinage industriel en France à l’horizon 2030.
Le « Made in Europe » peut renforcer la souveraineté industrielle
Le sujet dépasse désormais la seule question économique. Il touche aussi à la souveraineté. L’Industrial Accelerator Act joue donc sur plusieurs leviers. Il veut favoriser les investissements stratégiques avec un encadrement renforcé de certains investissements étrangers. Les batteries, les véhicules électriques, le photovoltaïque et les matières premières critiques figurent parmi les secteurs concernés.
Cette stratégie doit cependant rester équilibrée. Une préférence européenne trop rigide pourrait augmenter certains coûts. De plus, elle pourrait aussi compliquer certaines chaînes industrielles internationales.
Le Parlement européen et le Conseil doivent encore négocier le texte. Toutefois, un accord sur l’IAA devrait être trouvé avant fin 2026. Le Comité économique et social européen a encore adopté son avis le 15 juillet 2026.
Vers une industrie européenne plus résiliente
Pour les PME industrielles, le « Made in Europe » présente une véritable opportunité. Les donneurs d’ordre pourraient rechercher davantage de partenaires européens. Les entreprises locales pourraient ainsi retrouver une place stratégique dans certaines chaînes de valeur. Mais cette évolution ne supprimera pas la concurrence internationale. La proximité devra s’accompagner de performance.
Chez RHD, cette combinaison guide déjà notre développement. Notre ancrage français s’accompagne d’une démarche d’innovation et de progrès industriel. Notre politique environnementale vise également à réduire notre impact. Elle comprend notamment des actions sur l’énergie, l’eau, les transports et les déchets.